Mettre les étudiants face à une problématique réelle d’entreprise : c’est l’objectif du projet mené par les étudiants du Mastère Santé, Sécurité et Environnement de l’ECEMA en partenariat avec le Groupe Schroll et Citraval. Pendant une semaine, ils ont travaillé sur l’analyse et l’optimisation des DUERP afin de renforcer la cohérence de la gestion des risques à l’échelle du groupe.
Partons à la rencontre de Diana Lambelet, PhD. Ingénieure SSE, référente du cursus Santé, Sécurité et Environnement de l’ECEMA et de Nicolas Muller, Alumni ECEMA et responsable Qualité, Sécurité et Environnement du Groupe SCHROLL.
Bonjour Diana, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cet exercice proposé aux étudiants en Mastère Santé, Sécurité et Environnement de l’Ecema ?
Bonjour ! Cet exercice est un cas réel d’entreprise, mené avec le Groupe Schroll et Citraval qui proposent des solutions adaptées aux besoins des entreprises et collectivités pour le stockage, le transport et la valorisation des différents déchets. Ce sont des acteurs majeurs de la collecte, du recyclage et de la valorisation des déchets dans le Grand Est
L’objectif est de plonger les étudiants dans une situation concrète de gestion des risques professionnels. Ils vont travailler sur les DUERP, c’est-à-dire les documents d’évaluation des risques, qui existent déjà dans l’entreprise mais qui présentent aujourd’hui plusieurs limites.
Quelles sont ces limites et quel est l’objectif final pour les étudiants ?
Les documents sont actuellement sous format Excel et ont été construits différemment selon les sites. Cela rend leur exploitation difficile : il n’y a pas de vision globale, les méthodes de cotation varient, et le suivi des actions n’est pas optimal. L’idée est donc d’harmoniser tout cela.
Leur mission est de transformer cet ensemble hétérogène en un système structuré, cohérent et exploitable à l’échelle du groupe. Concrètement, ils doivent créer une base de risques commune, proposer un modèle standard de DUERP, et préparer l’intégration des données dans un outil digital, Evarisk.
Comment le projet se déroule-t-il ?
Le projet se déroule sur une semaine, en groupes. Les étudiants suivent plusieurs étapes. D’abord, ils analysent les DUERP existants pour comprendre les différences entre les sites. Ensuite, ils travaillent à harmoniser les risques en créant une nomenclature commune.
Ils réalisent également une analyse croisée entre les risques identifiés et les accidents du travail ou maladies professionnelles de chaque entité, afin de vérifier la cohérence avec la réalité du terrain. Enfin, ils structurent les données pour préparer leur intégration dans un outil numérique.
Quels sont les livrables attendus et y a-t-il des contraintes particulières ?
Les étudiants doivent produire plusieurs éléments : une analyse des DUERP existants, une base de risques harmonisée, une analyse comparant risques et accidents, un modèle de DUERP standard, ainsi qu’un rapport de synthèse avec leurs recommandations.
Oui, le principal défi est le temps, puisqu’ils n’ont qu’une semaine. De plus, les données sont hétérogènes et le contexte est très réglementé, notamment dans un secteur industriel à risques comme celui de la gestion des déchets. Cela demande donc une approche à la fois rigoureuse et pragmatique.
Quel est l’intérêt pédagogique de cet exercice ?
Il permet aux étudiants de se confronter à une problématique réelle d’entreprise, en mobilisant à la fois des compétences analytiques, techniques, méthodologiques et opérationnelles. Ils doivent être capables de proposer des solutions concrètes, directement applicables, ce qui est essentiel dans leur future vie professionnelle.
Bonjour Nicolas, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Nicolas Muller et je suis un ancien étudiant de l’ECEMA, ayant obtenu mon Mastère Santé, Sécurité et Environnement en VAE (Validation des Acquis de l’Expérience). Je suis également Responsable Qualité, Sécurité et Environnement du Groupe SCHROLL depuis mars 2025. Fort de plus de 20 ans d'expérience dans les domaines de la qualité, de la sécurité, de l'environnement et de la maîtrise des risques industriels, j'accompagne les différents sites du groupe dans leurs démarches de prévention, de conformité réglementaire et d'amélioration continue.
Qu'est-ce qui vous a conduit à vous tourner vers une école pour travailler sur vos problématiques, et pourquoi avoir choisi l'ECEMA ?
Nous disposions déjà de DUERP construits sur une base commune et relativement harmonisés entre nos différents sites. L'objectif n'était donc pas de repartir de zéro, mais plutôt de prendre du recul sur notre organisation actuelle, de vérifier sa cohérence à l'échelle du groupe et d'identifier des pistes d'amélioration.
Nous souhaitions également confronter nos méthodes à un regard extérieur et bénéficier de l'analyse d'étudiants spécialisés en Santé, Sécurité et Environnement. L'ECEMA nous a semblé être un partenaire pertinent en raison de son approche professionnalisante et de sa capacité à travailler sur des problématiques concrètes d'entreprise.
Quel regard portez-vous sur les préconisations proposées par les étudiants ?
Les étudiants ont apporté un regard intéressant sur des documents qui étaient déjà structurés et harmonisés. L'exercice était moins de construire un système que d'analyser un existant, de le challenger et d'identifier des axes d'amélioration possibles.
Leurs travaux ont notamment porté sur la standardisation de certains risques, l'exploitation des données disponibles et les perspectives d'intégration dans un outil numérique. Leurs recommandations ont permis d'alimenter notre réflexion et de confirmer certains axes de travail déjà identifiés au sein du groupe.
Si vous deviez résumer en une phrase l'apport de ce projet ?
Cette collaboration a permis de porter un regard neuf sur une démarche déjà structurée et d'identifier des opportunités d'amélioration pour renforcer encore la cohérence de notre système de gestion des risques.
Envisagez-vous de mettre en œuvre certaines recommandations ?
Oui ! Certaines propositions pourront enrichir nos travaux en cours, notamment concernant la structuration des données, l'exploitation des statistiques d'accidents, la hiérarchisation des risques et l'évolution future de nos outils de gestion. Cette collaboration s'inscrit pleinement dans notre démarche d'amélioration continue. Elle démontre l'intérêt de croiser les regards entre professionnels et futurs experts du secteur afin d'identifier de nouvelles pistes de progrès et de renforcer l'efficacité des dispositifs de prévention.
Cet exercice grandeur nature a permis aux étudiants d’appliquer leurs compétences sur un cas concret tout en apportant un regard extérieur à l’entreprise. Une expérience enrichissante qui illustre l’intérêt des temps forts de l’ECEMA entre le monde académique et le monde professionnel !


